Les années 2000

année 2000

Quand Renault a racheté l'écurie Benetton, le premier objectif a été de resserrer les liens entre les deux entités techniques, celle de Viry-Châtillon où sont conçus les moteurs V10 et celle d'Enstone, en Angleterre, là où officie maintenant Bob Bell et son équipe châssis et aérodynamique. Cette osmose s'est faite pas à pas, en liaison étroite avec le Technocentre de Guyancourt qui a mis la puissance de ses outils de mesures au service de cette synergie et aussi avec les ingénieurs d'Elf.

Un contexte différent

En Formule 1, le carburant est celui issu du commerce (95). Alors que l'ancienne génération de V10 tournait jusqu'à 14 000 tours/min., la nouvelle dépasse les 18 000. Soit environ 300 tours/min., 150 allumages par cylindre et par seconde. Les ingénieurs d'Elf travaillent ainsi en permanence les qualités d'inflammation et la modélisation de la combustion, ils mettent au point des lubrifiants économiseurs d'énergie, afin d'éviter les pertes par frottement et d'obtenir la meilleure puissance possible.

Encore plus haut

Derrière les Ferrari intouchables, Renault a poursuivi son ascension en 2004. Le changement de réglementation (1 seul moteur par week-end de course), a entraîné le retour vers une architecture connue : un V10 à 72° d'ouverture. Une victoire, 2 pôles et une troisième place finale au championnat constructeurs, devant des équipes multi-championnes comme Mc Laren ou Williams sont venues récompenser l'écurie française. Sans un passage à vide en seconde moitié de saison , le résultat aurait pu être meilleur encore. Le duo Alonso-Fisichella aura la charge de conduire la R25 à la conquête du titre mondial.

Enstone de 2004 à 2011

En 2004, Ferrari et Michael Schumacher sont toujours intouchables mais il faudra quelques mois pour s'en apercevoir. Dans les premières courses de la saison, la Renault R24, vainqueur notamment à Monaco entre les mains de Jarno Trulli, lui tient la dragée haute. L'Italien partant chez Toyota pour les trois dernières courses, Renault termine finalement à la troisième place des Constructeurs. C'est une place de mieux qu'en 2003 tout de même.

2005 sera enfin l'année du plein succès. Giancarlo Fisichella montre la voie en remportant la première course en Australie. Suivent trois victoires d'Alonso qui est lancé et deviendra le premier champion du monde espagnol. À Imola, en gagnant un duel d'anthologie avec Schumacher, le jeune Asturien prend un ascendant psychologique sur le septuple champion avant de mettre fin à son colossal règne. À 24 ans, Alonso est le plus jeune champion du monde.

Le couple Alonso-Renault poursuit sa moisson l'année suivante avec un deuxième titre d'affilée acquis devant Kimi Räikkönen. L'Espagnol et l'écurie dirigée par Flavio Briatore auront su marquer l'histoire de la F1 avant de se séparer. À la recherche d'un nouveau défi, Alonso a surpris tout le monde en annonçant fin 2005 sa signature chez McLaren pour 2007.

Résultat, l'écurie d'Enstone rentre dans le rang avec sa troisième place des Constructeurs, loin derrière Ferrari et BMW. Sa R27, rétive lorsque chaussée de Bridgestone, signe tout de même quelques coups d'éclat avec à son volant Fisichella et Heikki Kovalainen.

Heureusement, après une année orageuse à Woking, Alonso rentre au bercail en 2008. Il fait équipe avec le Nelson Piquet Jr, le fils du triple champion du monde et réussit une belle fin de saison même si Renault ne peut rester sur le podium. Alonso gagne notamment au Japon et à Singapour. Mais cette dernière course est le point de départ de l'affaire dite du Crashgate qui aura des conséquences majeures sur la vie de l'écurie lors de la saison suivante où Renault fait davantage la Une pour cette saga juridico -sportive que pour ses performances en piste.

Il fallait ouvrir rapidement une nouvelle page et c'est ce que faisait le Losange en cédant les trois quarts de ses parts à la société luxembourgeoise Genii Capital (dirigée par Gérard Lopez). Le jeune ingénieur manceau Éric Boullier est investi patron. Le nom de Renault demeure. Exit le jeune Français Romain Grosjean, qui avait remplacé Piquet Jr dans des conditions très délicates et bonjour Vitaly Petrov et surtout Robert Kubica. On savait le Polonais extrêmement doué, au volant d'une R30 loin des monoplaces des top teams, le Polonais se surpasse avec trois podiums qui offrent une cinquième place inespérée à Renault.

Renault SA se retire totalement de Renault F1 au sortir de 2010 et l'équipe devient Lotus Renault GP avec l'arrivée d'un autre nom prestigieux en tant que sponsor titre. La livrée noir et or rappelle des souvenirs. Enstone est relancée mais connaît un hiver terrible avec l'accident de Kubica dans un rallye local près de Gênes, en Italie. Le Polonais manque de perdre sa main droite. Il venait de signer le meilleur temps des premiers essais hivernaux mais le voilà forfait pour 2011. Sa carrière est peut-être terminée. Privé de son joyau, Boullier ira chercher Nick Heidfeld puis Bruno Senna, de bons pilotes mais n'ayant pas le talent de Kubica.

Tandis que Lotus annonce qu'elle entre au capital de l'équipe qui est toujours la cinquième force de l'échiquier de la F1, cette dernière s'avance vers 2012 avec un nouveau nom, Lotus F1 et deux nouveaux pilotes. Boullier est parvenu à convaincre Räikkönen d'arrêter le rallye et il a décidé de donner une deuxième chance à Grosjean, l'impeccable champion GP2.

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