Les années V10

f1 V10

1989 : première victoire

Depuis son retrait, en 1985, de la Formule 1, Renault Sport a tourné la page de la suralimentation. La Fédération internationale de l'automobile, consciente des dangers que représente la course à la puissance, interdit d'ailleurs la technique du turbo à partir de 1989. Les ingénieurs de Viry-Châtillon mettent à profit ces trois ans pour prendre de l'avance. Mission est donnée à l'équipe de Bernard Dudot et Jean-Jacques His pour concevoir un V10 atmosphérique de 3 litres de cylindrée. Il n'est plus question de fabriquer un châssis. Renault se contentera de fournir des moteurs à l'écurie anglaise de Frank Williams. En pleine lutte Senna-Prost, équipiers et rivaux chez McLaren, Riccardo Patrese et Thierry Boutsen, pilotes de l'écurie Williams, auront fort à faire pour contrer les deux stars du moment. L'Italien pointe le bout de son nez dès le quatrième Grand Prix, disputé à Mexico ; il termine deuxième. Il récidive aux Etats-Unis, avant de laisser Boutsen l'emporter au Grand Prix du Canada. Premier succès pour le pilote belge et surtout pour le moteur V10 français.

Nigel Mansell crée l'espoir

L'année suivante, Patrese est récompensé à son tour, chez lui à Imola. Boutsen signe, pour sa part, sa troisième victoire à Budapest. Le bilan reste cependant mitigé. Si, en 1989, Williams-Renault avait inscrit 77 points, finissant deuxième derrière McLaren (141 points), elle doit se contenter en 1990 de la quatrième place et de 57 points. La progression tant attendue n'aura lieu qu'un an plus tard. Nigel Mansell est de retour au bercail après un passage tumultueux chez Ferrari. Le pilote britannique enchaîne trois victoires d'affilée, dont celle du Grand Prix de France à Magny-Cours, avant de s'imposer à nouveau en fin de saison à Monza et à Barcelone. Cette fois, Williams-Renault-Elf, avec 125 points, se rapproche de McLaren-Honda, qui totalise 139 points.

Un doublé inoubliable

A l'orée de 1992, tous les espoirs sont permis. Mansell aligne cinq victoires consécutives dès le début de la saison ! Il est imbattable. Son état de grâce se prolonge durant l'été avec trois autres précieux succès et il conclut en beauté au Grand Prix du Portugal à Estoril. Nigel Mansell et Williams- Renault-Elf signent un doublé aux championnats du monde Pilotes et Constructeurs qui fera date. Jamais dans l'histoire de la Formule 1, un pilote n'avait remporté autant de courses dans une saison. Seul, depuis, Schumacher a fait mieux.

Le drame et la course continue

Ayrton Senna remplacera son rival en 1994. Williams-Renault-Elf continue d'avoir le vent en poupe. On se dit alors que rien ne peut ébranler la force de l'écurie francobritannique. Rien, sauf le pire : la tragédie d'Imola, le 1er mai. Senna sort tout droit dans la courbe de Tamburello. Le choc est terrible. La Formule 1 pleure subitement l'un de ses enfants les plus doués. L'écurie décroche le titre Constructeurs à la fin de la saison, grâce aux six victoires de Damon Hill, mais la victoire a, cette année-là, un goût amer. Le spectacle cependant continue, Michael Schumacher et Flavio Briatore pour Benetton offrent un nouveau doublé à Renault et Elf en 1995, avant que Williams, les deux années suivantes, ne retrouve sa suprématie avec Damon Hill (1996), puis Jacques Villeneuve. Neuf titres mondiaux en cinq ans, il est temps alors pour le constructeur et le pétrolier français de marquer une pause. De refermer provisoirement ce livre des records... Avant d'écrire un nouveau chapitre en ce début des années 2000.

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